BIO…

Ha ! Les images de ma généalogie, les premières fabriquées certes, souvenirs rapportés, déformés, amplifiés, on connaît ça, Tout un patrimoine qui a disparu, plus rien. Des Châteaux en Espagne d’un coté de la bourgeoisie oléronaise de l’autre.

Le château de ma mère ?!, près de Saint Pierre d’Oléron, ces insulaires de mes aïeuls ne sont pas marins. Agriculteurs, bourgeois propriétaires, aristocrates de la terre ou navigateurs mais dans le commerce des tonneaux et du vin. Des fonctionnaires aussi, douaniers, gloires de la République montante du XIXème. Mais la propriété, le char à bancs, les places à l’église, disparus, envolés, Ma Mère fille naturelle placée, par un personnage entre Balzac et Marcel Aymé, Un « Coindet » de la « table aux crevés » affublé de l’opportunisme provinciale digne des feuilletons d’un autre siècle… Une bonne décision de justice pour écarter les belles filles et orphelines à 7 ans ; que ferait en effet un veuf avec des gamines à élever ? Foutez moi ça au pensionnat, à l’école de préservation, au couvent, et razzia en toute justice, Administrateurs de biens, pilleurs.

Dépouillée par les faiseurs et les avides tuteurs de province, livrée à elle-même et aux administrations, sa position sociale aurait dû rester quasi inscrite en lieu et place. Voici venir un nouveau combat de femme pour ma mère. Institutrice ou bonniche ? Ce sera les deux ou vite se marier pour se dépatouiller de l’emploi, et se mettre à son compte, couturière comme au XVIIIeme siècle, on travaille chez soi avant les manufactures.

Quant à la gloire de mon père alors ? A Ceux qui franchiront les Pyrénées. Ils sont bergers de la Castille, les plus pauvres d’Espagne, aussi, maraîchers de la Biscaye ou farouches terre-neuvas quand même quelques aventuriers de ce coté.. Pécheurs d’Islande comme l’ecrit l’autre charentais LOTI ! Mon grand père, premier né en France vite monté à Paris.

De la loge des concierges ou de l’escalier de services, Neuilly sur seine, charmante banlieue parisienne à l’anglaise, c’est là que se rencontrent Père et Mère.

Par Pierre Loti le charentais et les terra-neuvas ou les bergers, puis ma banlieue parisienne, c’est dans cette rêverie que je me raconte. Rien, que des images,. Je ne suis pas très concentré sur mon avenir, un caractère vouée à une distraction trouble et une étrange nervosité qui vont m’emmener vers toutes les curiosités buissonnières instables.

Je suis myope comme père et mère, premier cadeau génétique. Héé oui le flou de ma profondeur de champ. Je pourrais mentir, en rajouter, en faisant le coup de la précocité rimbaldienne en déclinant toutes les pathologies mais qui enlèveraient à mon glamour et mon sens de la poésie toutes chances de me remarier avec une comtesse ou une marchande de godasses bien roulée. Si j’avais le temps je vous raconterais pourquoi c’est pas passé si loin, mais le sabotage est une aussi une de mes qualités. Enfin bon Revenons à nos Mérinos… C’est grâce à SIMCA et à son généreux comité d’entreprise que par papa alors dessinateur industriel et inventeur de machines qui emboutissent des tôles, de carrosseries de bagnoles vouées à des échecs commerciaux qu’on me comble au Noël de mes 10 ans d’un Kodak instamatic, petit trésor de chimie et de mécanique.

Noël 74 donc marque désormais le début, le passage à l’acte. Un photographe de talent est né. ©MOI ! A mon grand étonnement, ce que je croyais être un dysfonctionnement pathologique serait peut être du pur jus artistique, une destinée incroyable ! Un artiste dans l’arbre généalogique…. Il y a parait-il un vagabond, un chanoine, un artilleur, alors un artiste pourquoi pas ! La génétique et ses mystères. Un vrai talent, un œil, et pas celui des cartes postales non, ni des calendriers des postes non et non, le vrai, le noble, le pur, le grand, le très haut ! Y’aurait parfois même un peu de politique en subliminal ; produire des tracts sans slogan, une sociologie sans groupe, une philo sans concept, un acte politique sans parti… De l’art j’vous dis !


Un mode opératoire rompu aux technologies les plus récentes depuis tout de ce que j’ai appris des chambres les plus obscures et dans les meilleures écoles, il y a… mon dieu, bientôt 50 piges… Un jubilé de photographie. Merci Simca !